Homme souriant dans un champ cultivé, portant une salopette, avec différentes plantations en arrière-plan.

Association BEDE : biodiversité, semences paysannes et souveraineté alimentaire

Des milliers de variétés végétales disparaissent chaque année sous la pression de l’agriculture industrielle. Qui les défend concrètement ? L’association BEDE — Biodiversité : Échanges et Diffusion d’Expériences — œuvre depuis 1994 pour protéger ce patrimoine vivant. De Montpellier aux terroirs d’Afrique de l’Ouest, elle tisse un réseau de paysans, chercheurs et citoyens engagés. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ses missions, ses méthodes et les façons d’agir à ses côtés.

En bref :

  • BEDE est une association de solidarité internationale fondée le 1er octobre 1994, basée à Montpellier, reconnue d’intérêt général depuis 2014.
  • Sa mission centrale : protéger la biodiversité cultivée et promouvoir les agricultures paysannes sur trois zones géographiques (Europe, Maghreb, Afrique de l’Ouest).
  • Elle fonctionne sans salarié permanent et s’appuie sur une cinquantaine d’organisations partenaires en France, en Europe et à l’international.
  • Ses outils d’action incluent ateliers, matériel pédagogique, recherche participative, plaidoyer législatif et échanges de semences.
  • Chaque citoyen peut soutenir BEDE via un don, une adhésion ou en rejoignant des initiatives locales de conservation des semences.

Qu’est-ce que BEDE : origine, statut et identité de l’association

BEDE est l’acronyme de Biodiversité : Échanges et Diffusion d’Expériences. Cette association loi 1901 a été créée le 1er octobre 1994. Elle est domiciliée au 47, place du Millénaire, à Montpellier (34000).

Son statut juridique est celui d’une association déclarée. Elle a obtenu la reconnaissance d’intérêt général en 2014, ce qui lui permet de délivrer des reçus fiscaux pour les dons. Cette reconnaissance valide aussi la solidité de sa gouvernance et la légitimité de ses actions.

Fait notable : BEDE fonctionne sans salarié permanent. L’association repose sur l’engagement bénévole de ses membres et sur des coordinateurs de programmes financés projet par projet. Ce modèle léger lui permet de consacrer l’essentiel de ses ressources à ses missions de terrain.

Son conseil d’administration réunit des personnalités issues du monde académique, de l’agriculture et de la société civile. La présidence est assurée par Pascale Moity-Maïzi. La coordination générale a longtemps été portée par Robert Ali Brac de la Perrière, figure reconnue de la biodiversité cultivée à l’échelle internationale.

La mission de l’association BEDE : défendre la biodiversité cultivée

Protéger le patrimoine génétique végétal face à l’uniformisation

L’agriculture industrielle a réduit drastiquement la diversité des plantes cultivées. On estime que 75 % des variétés végétales ont disparu au cours du XXe siècle. Ce phénomène fragilise les systèmes alimentaires face aux changements climatiques et aux nouvelles maladies.

BEDE travaille à inverser cette tendance. L’association documente les variétés locales, soutient leur multiplication et encourage les pratiques de sélection paysanne. Son approche reconnaît que les semences sont bien plus que du matériel reproductif : elles incarnent des siècles de savoir-faire.

La lutte contre les OGM et contre la brevetabilité du vivant fait partie intégrante de cet engagement. BEDE s’oppose à toute forme de privatisation du patrimoine génétique végétal, qu’il soit cultivé ou sauvage.

Promouvoir les agricultures paysannes comme alternatives viables

L’agroécologie paysanne constitue le cœur du projet de BEDE. Cette approche combine savoirs traditionnels et connaissances scientifiques pour concevoir des systèmes agricoles durables, adaptés aux territoires et indépendants des intrants chimiques.

BEDE ne se contente pas de défendre un idéal. L’association produit des ressources techniques concrètes : guides de culture, fiches variétales, vidéos pédagogiques. Ces outils permettent aux paysans de passer à l’action sans attendre un accompagnement extérieur.

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L’organisation insiste sur la complémentarité entre agriculture familiale et préservation de la nature. Là où l’industrie voit une contradiction entre productivité et biodiversité, BEDE démontre par des exemples concrets que les deux peuvent coexister.

Les trois zones d’intervention de BEDE dans le monde

BEDE structure ses programmes autour de trois espaces géographiques complémentaires. Cette répartition n’est pas arbitraire : elle reflète des contextes agricoles, juridiques et climatiques très différents, qui s’enrichissent mutuellement.

En Europe, l’association intervient principalement en France et dans les pays méditerranéens. Elle participe aux débats sur la réglementation des semences au niveau européen et soutient les réseaux de jardiniers et d’agriculteurs qui conservent des variétés anciennes.

Au Maghreb, le programme coordonné par Nordine Boulahouat accompagne les organisations paysannes d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Ces pays abritent une richesse variétale exceptionnelle, menacée par la modernisation rapide des agricultures locales.

En Afrique de l’Ouest, le programme piloté par Anne Berson soutient les communautés rurales du Sahel et des zones forestières. Ces régions sont en première ligne face aux effets du changement climatique. La diversité des semences locales y est une assurance-vie pour les populations.

Les méthodes d’action concrètes de l’association BEDE

L’information et la mise en réseau comme leviers principaux

BEDE joue un rôle d’interface entre acteurs qui ne se croiseraient pas naturellement. L’association met en relation paysans, chercheurs, ONG, institutions publiques et citoyens autour d’enjeux communs. Cette fonction de mise en réseau est l’un de ses apports les plus précieux.

Elle produit et diffuse du matériel pédagogique en plusieurs langues. Expositions itinérantes, vidéos documentaires, publications techniques : chaque outil est conçu pour être utilisable directement sur le terrain, sans infrastructure lourde.

Les rencontres organisées par BEDE créent des espaces d’apprentissage horizontaux. Un paysan du Burkina Faso peut y partager ses techniques de sélection avec un agriculteur du Languedoc. Ces échanges Sud-Nord sont rares et précieux dans le paysage associatif français.

La recherche participative pour valider les pratiques paysannes

BEDE développe des programmes de recherche participative qui associent paysans et scientifiques dès la conception des études. Cette méthode produit des connaissances directement utiles sur le terrain, ancré dans les réalités locales.

Ces travaux permettent de documenter rigoureusement des pratiques agricoles traditionnelles. Ils leur donnent une légitimité scientifique qui facilite ensuite leur reconnaissance par les politiques publiques et les normes réglementaires.

Les résultats sont systématiquement restitués aux communautés participantes. Ce principe d’équité dans la production de savoir distingue BEDE des approches extractives classiques de la recherche académique sur les agricultures du Sud.

Le plaidoyer législatif pour défendre les droits des paysans

La dimension politique est indissociable du travail de BEDE. L’association suit de près les évolutions réglementaires sur les semences en France, en Europe et à l’international. Elle alerte ses partenaires dès qu’une nouvelle norme menace la liberté de semer.

BEDE contribue aux processus de négociation internationale sur la biodiversité et les droits des agriculteurs. Elle apporte une expertise technique aux organisations paysannes pour qu’elles puissent défendre leurs positions face aux institutions nationales et supranationales.

Ce travail de plaidoyer vise notamment à faire reconnaître le droit des paysans à conserver, échanger et vendre leurs semences. Un droit qui reste fragile face à la pression des firmes semencières et aux réglementations qui leur sont favorables.

Les partenaires et réseaux qui amplifient l’action de BEDE

BEDE collabore avec une cinquantaine d’organisations partenaires. Cette diversité est une force : elle permet à l’association de couvrir des territoires et des thématiques qu’elle ne pourrait pas aborder seule.

En France, le partenariat avec le Réseau Semences Paysannes est central. Ce réseau coordonne les collectifs régionaux qui travaillent à la conservation et à la diffusion des variétés paysannes sur l’ensemble du territoire.

À l’échelle ouest-africaine, BEDE est en lien étroit avec le Comité Ouest Africain des Semences Paysannes (COASP). Cette structure porte la voix des paysans dans les négociations régionales sur les politiques semencières.

BEDE entretient aussi des liens avec des centres de recherche agronomique internationaux, notamment le CIP (Centre International de la Pomme de terre). Ces partenariats scientifiques renforcent la crédibilité des travaux participatifs menés par l’association.

« La biodiversité ça se cultive… en commun ! Les semences paysannes ne sont pas seulement des graines : elles sont des liens vivants entre générations, entre territoires et entre cultures du monde entier. »

Ce qui distingue BEDE des autres associations de biodiversité

Une approche Sud-Nord qui inverse les logiques habituelles d’aide

La plupart des ONG environnementales fonctionnent selon une logique Nord-Sud : des pays riches exportent des solutions vers des pays moins avancés. BEDE fait le chemin inverse. Elle considère que les agricultures paysannes du Sahel ou du Maghreb ont autant à apprendre à l’Europe qu’à recevoir d’elle.

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Les variétés cultivées en Afrique de l’Ouest depuis des siècles présentent souvent une résilience climatique remarquable. Les techniques de sélection des femmes rurales du Sahel peuvent inspirer directement des agriculteurs français confrontés à la sécheresse.

Ce renversement de perspective n’est pas que symbolique. Il produit des échanges de semences concrets, des formations croisées et des publications qui valorisent les savoirs des Suds comme ressources pour l’adaptation climatique globale.

Le rôle central reconnu aux femmes dans la conservation des semences

BEDE est l’une des rares associations à documenter et revendiquer explicitement le rôle des femmes rurales dans la préservation de la biodiversité cultivée. Dans de nombreuses cultures paysannes, ce sont les femmes qui sélectionnent, conservent et transmettent les semences d’une saison à l’autre.

Les programmes soutenus par BEDE en Afrique de l’Ouest intègrent systématiquement une dimension genre. Des formations spécifiques sont organisées pour renforcer les capacités des femmes agricultrices, leur permettre de structurer des groupements et de faire valoir leurs droits.

Cette reconnaissance n’est pas anecdotique. Elle modifie profondément les projets : les variétés documentées, les savoirs recueillis et les pratiques valorisées changent radicalement quand ce sont les femmes qui sont au centre du dispositif.

Une bibliothèque de ressources librement accessibles en ligne

BEDE met à disposition sur son site une large bibliothèque de ressources gratuites : fiches techniques, études de cas, expositions téléchargeables, rapports de programmes. Ces contenus couvrent aussi bien les techniques de sélection paysanne que les enjeux politiques des droits semenciers.

Cette politique d’accès libre est cohérente avec la philosophie de l’association. Les savoirs liés aux semences appartiennent aux communautés qui les ont développés. Les rendre accessibles librement, c’est contribuer à leur diffusion sans restriction commerciale.

Les enseignants, animateurs, journalistes et citoyens engagés peuvent ainsi s’appuyer sur ces ressources pour sensibiliser leurs entourages. C’est un outil de démultiplication de l’impact qui va bien au-delà du cercle des partenaires directs de BEDE.

Comment soutenir concrètement l’association BEDE

Soutenir BEDE ne se limite pas à un geste symbolique. L’association propose plusieurs niveaux d’engagement adaptés à chaque situation.

Le don en ligne ou par chèque est la forme la plus directe de soutien. Grâce à la reconnaissance d’intérêt général obtenue en 2014, 66 % du montant donné est déductible des impôts sur le revenu en France. Chaque euro compte pour financer les programmes de terrain.

L’adhésion à l’association permet de rejoindre la communauté de BEDE et de recevoir ses publications régulières. Les membres participent aux assemblées générales et contribuent à l’orientation stratégique des programmes.

À titre individuel, plusieurs gestes quotidiens soutiennent les valeurs de BEDE sans nécessiter de lien direct avec l’association :

  • Créer ou rejoindre un jardin partagé qui conserve des variétés locales anciennes.
  • Participer aux fêtes des semences organisées par les collectifs régionaux partenaires.
  • Réduire les pesticides dans ses espaces verts pour protéger les pollinisateurs sauvages.
  • Interpeller ses élus locaux sur les politiques semencières et la préservation des espaces agricoles.

Les fêtes des semences méritent une mention particulière. Ces événements festifs et conviviaux permettent d’échanger des graines, de rencontrer des paysans conservateurs et de comprendre concrètement ce que signifie la biodiversité cultivée. Elles ont lieu chaque année dans des dizaines de communes françaises.

Questions fréquentes

Que signifie le sigle BEDE ?

BEDE signifie Biodiversité : Échanges et Diffusion d’Expériences. Ce nom reflète exactement la mission de l’association : partager des savoirs sur la biodiversité cultivée entre acteurs du monde entier.

Où se trouve le siège de l’association BEDE ?

Le siège de l’association BEDE est situé au 47, place du Millénaire, 34000 Montpellier. Elle peut être contactée par email à [email protected] ou par téléphone au 04 67 65 45 12.

L’association BEDE a-t-elle des salariés permanents ?

Non. L’association BEDE fonctionne sans salarié permanent. Elle s’appuie sur des bénévoles, des coordinateurs de programmes financés par projets et un réseau dense de partenaires internationaux.

Dans quels pays BEDE intervient-elle ?

BEDE intervient principalement en France et en Europe, au Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et en Afrique de l’Ouest. Ces trois zones sont couvertes par des programmes spécifiques adaptés aux contextes locaux.

Comment faire un don à l’association BEDE ?

Un don à BEDE peut être effectué directement via son site ou par chèque à l’ordre de BEDE. Reconnue d’intérêt général, l’association permet une déduction fiscale de 66 % du montant du don sur l’impôt sur le revenu.

Erwan Blanchin

Je m’appelle Erwan, j’ai 45 ans et je suis passionné par les travaux et le bricolage depuis toujours. Avec 20 ans d’expérience dans l’immobilier, j’aime donner vie aux projets, des petites rénovations aux grands chantiers. Et quand je ne suis pas dans la poussière ou les plans, j’apprécie les moments simples entre amis, autour d’un bon repas ou d’une discussion animée.

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